Le Barzoï est une race originaire de Russie, développée par l’aristocratie pour la chasse à vue, notamment au loup. Derrière son élégance et sa douceur apparente se cache un chien sélectionné pendant des siècles pour sa vitesse, sa résistance aux conditions climatiques difficiles et son instinct de chasseur. Comprendre l’histoire du Barzoï, c’est comprendre pourquoi cette race est aujourd’hui si unique… et pourquoi un élevage sérieux doit respecter bien plus que son apparence.
1- Origine du Barzoï
Le Barzoï trouve ses origines en Russie, où il a été développé principalement entre le XVe et le XIXe siècle.
Contrairement à certaines races plus anciennes, le Barzoï n’est pas une race “naturelle”. Il a été créé intentionnellement par l’aristocratie russe pour répondre à un besoin précis : chasser à vue sur de vastes territoires, même en hiver.
Les grandes propriétés rurales avaient besoin un chien capable de :
- repérer le gibier à distance
- courir à très grande vitesse
- travailler en équipe
- résister au froid et aux terrains difficiles
Ce travail de sélection s’est fait sur plusieurs générations, avec une rigueur impressionnante.
Quelles sont les origines du Barzoï ?
Le Barzoï est le résultat de croisements réfléchis entre différents types de chiens.
Même s’il n’existe pas de liste exacte et définitive, les spécialistes s’entendent sur plusieurs influences majeures :
- Des lévriers orientaux, proches du Saluki, apportant vitesse et finesse
- Des chiens russes locaux à poil long, apportant résistance, ossature et adaptation au climat (Laïka)
- Une sélection rigoureuse par l’aristocratie sur plusieurs générations
Le résultat est un chien à la fois rapide, résistant et capable de travailler dans des conditions difficiles.
Le Barzoï est-il un lévrier nordique ?
La question revient souvent. Je prends chaque fois le temps d’explique que le Barzoï n’est pas un chien nordique de type spitz ou de chiens de traîneau. Cependant, il est parfaitement adapté aux conditions climatiques russes hivernales. C’est le seul lévrier qui possède le même sous-poil laineux qu’un chien nordique. Merci à ses ancêtres Laïka!
Son poil long et soyeux, ainsi que son sous-poil laineux, le protège du froid et sa structure lui permet d’évoluer dans des environnements enneigés et difficiles.
La nuance importante à faire : Le Barzoï est un lévrier adapté au froid, mais pas un chien nordique au sens génétique du terme. C’est pourquoi je dis que c’est le seul lévrier « nordique ».
2- Le rôle du Barzoï à la chasse
Le Barzoï est avant tout un lévrier de chasse à vue.
Un lévrier est un chien sélectionné pour chasser en utilisant principalement sa vision, plutôt que son odorat.
La chasse au loup
C’est l’image la plus connue… mais souvent mal comprise.
Le Barzoï ne chasse pas seul le loup. Il travaille en équipe, généralement en trio ou petit groupe.
Son rôle est de :
- repérer le loup
- le poursuivre à grande vitesse
- l’attraper et le maintenir
- attendre l’intervention du chasseur
Cette chasse avait plusieurs objectifs :
- protéger le bétail
- protéger les terres et les propriétés
- démontrer le prestige et la puissance de la noblesse à une époque où la chasse était bien vue
La chasse au renard
Le Barzoï était également utilisé pour la chasse au renard, où sa vitesse et son agilité faisaient toute la différence.
La chasse au lièvre
Le lièvre demandait une poursuite rapide et précise, mettant en valeur la capacité du Barzoï à changer de direction rapidement et à maintenir une grande vitesse.
Une race liée à l’aristocratie
Le développement du Barzoï est intimement lié à la noblesse russe.
Les grandes chasses étaient de véritables événements, impliquant :
- de nombreux chiens
- des équipes organisées
- une sélection très stricte des reproducteurs
Un nom souvent associé à la race est celui de Grand Duc Nicholas Nikolaevich, qui a contribué à structurer et préserver le type du Barzoï que nous connaissons aujourd’hui.
La rupture : la Révolution russe
La Révolution russe a marqué un tournant majeur.
Avec la chute de l’aristocratie :
- les élevages ont été abandonnés
- la race a presque disparu en Russie
Le Barzoï a survécu grâce aux chiens exportés en Europe et en Amérique du Nord.
L’évolution du type du Barzoï
Comme plusieurs races, le Barzoï a évolué avec le temps.
Avant le XXe siècle, le type était plus robuste et fortement orienté vers la fonction de chasseur. Aujourd’hui, la silhouette est plus raffinée et on constate une standardisation en exposition.
Cependant, un point reste fondamental :
👉 Le Barzoï n’a jamais été créé uniquement pour être beau.
👉 Il a été créé pour être fonctionnel. Créé pour être un chasseur émérite dans des conditions difficiles, même en hiver.
En Europe, en Russie et ailleurs, les éleveurs sérieux cherchent encore aujourd’hui cet équilibre entre la fonction, la structure, la santé génétique et le tempérament.
Pourquoi l’historique du Barzoï est important?
Comprendre l’histoire du Barzoï permet de mieux comprendre ce qu’il est aujourd’hui.
Ce n’est pas simplement un chien élégant.
C’est une race :
- sélectionnée avec rigueur
- adaptée à un rôle précis
- construite sur des générations de travail à la chasse
👉 Et c’est exactement pour cette raison qu’un élevage éthique est essentiel. Un éleveur responsable ne se contente pas de produire des chiots qui sont beaux.
Il s’inscrit dans la continuité de cette histoire. Il reproduit des Barzoï qui possèdent encore l’instinct chasseur et testent leurs chiens à la course au leurre. La chasse est l’essence même du fondement de la race. Réprimer l’instinct de chasse équivaut à un non respect de la race et son histoire.
Pour conclure
Le Barzoï est bien plus qu’un chien au look aristocratique.
C’est le résultat de siècles de sélection, d’histoire et de travail à la chasse.
Prendre le temps de comprendre ses origines, c’est faire un premier pas vers un choix éclairé — et vers une relation durable avec un chien exceptionnel.
📌 Sources et références
- Fédération Cynologique Internationale
- American Kennel Club
- The Borzoi Club of America
- The Borzoi par Joseph B Thomas